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Un compte-rendu d'IRM cérébrale, dans le suivi d'une sclérose en plaques, mentionne des « black holes » ou « trous noirs » ? Ce terme désigne certaines plaques qui apparaissent en hyposignal — c'est-à-dire sombres — sur les séquences IRM pondérées en T1, un aspect différent de la majorité des lésions, qui elles apparaissent seulement en hypersignal sur les séquences T22.
Que sont les « trous noirs »
Dans la sclérose en plaques, la quasi-totalité des plaques apparaissent en hypersignal sur les séquences T2 — un aspect commun à toutes les lésions, anciennes ou récentes, actives ou non, et qui ne renseigne pas sur la sévérité de l'atteinte à cet endroit précis. Seule une minorité de ces plaques, généralement de l'ordre de 10 à 20 %, apparaissent en plus en hyposignal marqué sur les séquences T1 non injectées : c'est ce sous-groupe que l'on appelle les trous noirs1.
Sur le plan tissulaire, cet hyposignal T1 correspond à une perte axonale et une démyélinisation sévère, c'est-à-dire une destruction plus complète et plus durable du tissu nerveux à cet endroit — alors que l'hypersignal T2 seul peut aussi bien traduire un œdème ou une inflammation réversible qu'une lésion définitive.
Trous noirs aigus et trous noirs chroniques
Tous les trous noirs ne se valent pas, et leur distinction repose sur leur évolution dans le temps :
- Le trou noir aigu apparaît au sein d'une lésion active, qui se rehausse après injection de gadolinium. Il traduit alors un mélange d'œdème, d'inflammation et de démyélinisation partielle. Une partie de ces trous noirs aigus s'atténue, voire disparaît, dans les mois qui suivent, à mesure que l'inflammation régresse et qu'une remyélinisation partielle se produit.
- Le trou noir chronique est celui qui persiste au-delà d'environ six mois après la phase active, sans plus se rehausser après injection. Il est alors considéré comme le témoin d'une destruction tissulaire irréversible.
Pourquoi ce signe compte
Le nombre et le volume total de plaques en hypersignal T2 ne se traduisent pas toujours par un handicap proportionnel : deux patients avec une charge lésionnelle T2 comparable peuvent avoir des niveaux de handicap très différents. Les trous noirs chroniques, eux, reflétant plus spécifiquement la perte axonale, sont mieux corrélés à la progression du handicap que le seul décompte des lésions T21. C'est pourquoi ils sont suivis comme un indicateur de sévérité complémentaire à l'IRM, et parfois utilisés comme critère d'évaluation dans les essais cliniques de nouveaux traitements.
En pratique, l'identification repose sur une séquence T1 sans injection, complétée par une séquence T1 après injection de gadolinium pour distinguer une lésion encore active (qui se rehausse) d'une lésion chronique stabilisée (qui ne se rehausse plus).
Références
- T1 black holes — Radiopaedia. Définition, corrélation avec le pronostic et signification de la perte axonale.
- Multiple sclerosis — Radiopaedia. Vue d'ensemble de la sclérose en plaques et de ses aspects en IRM.
- Société Française de Radiologie — Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. Référentiel des indications d'imagerie devant une suspicion de sclérose en plaques.
Cet article a un but pédagogique et ne constitue pas un diagnostic médical individuel ; seul le médecin ayant accès au dossier complet du patient peut interpréter une IRM cérébrale ou adapter le suivi d'une sclérose en plaques.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article rédigé le 22 septembre 2026 à 17 h 51 · Révisé et mis à jour le 1er octobre 2026 à 17 h 32.
Signé : Dr Farid Aassouani (Édition Halcura)