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Sclérose en plaques : les actualités thérapeutiques de 2026

Article rédigé le22 septembre 2026 à 17 h 17

Révisé et mis à jour le22 septembre 2026 à 17 h 17

Sclérose en plaques Neurologie Innovation thérapeutique Niveau : grand public
Sur cette page
  1. La maladie en bref
  2. Les traitements de référence
  3. Les avancées récentes
  4. Références

La sclérose en plaques (SEP) est la première cause de handicap sévère non traumatique chez l'adulte jeune. Comme pour notre article sur la maladie de Parkinson, celui-ci s'écarte volontairement de l'imagerie pour se concentrer sur l'essentiel : ce qu'est cette maladie, et où en est aujourd'hui la recherche d'un traitement plus efficace contre ses formes progressives.

Une maladie très hétérogène

La sclérose en plaques évolue très différemment d'une personne à l'autre. Cet article dresse un panorama général ; il ne remplace en rien le suivi individualisé assuré par un neurologue, seul en mesure d'adapter le traitement à chaque situation.

La maladie en bref

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune et inflammatoire du système nerveux central, dans laquelle le système immunitaire s'attaque à la myéline, la gaine qui entoure les fibres nerveuses. Il en résulte des lésions disséminées dans le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques, responsables de symptômes très variés : troubles sensitifs, baisse de la vision, faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre, fatigue ou difficultés cognitives.

Elle touche surtout l'adulte jeune, avec un âge moyen de diagnostic autour de 30 ans, et présente une nette prédominance féminine. En France, environ 123 000 personnes sont suivies pour une sclérose en plaques, avec 4 000 à 6 000 nouveaux cas chaque année1.

PERSONNES SUIVIES POUR UNE SEP EN FRANCE, PAR SEXE 72 % de femmes 28 % Une prédominance féminine d'environ 2 à 3 femmes pour 1 homme, retrouvée dans la plupart des pays. Âge moyen au diagnostic : environ 30 ans.
Figure 1. Répartition par sexe des personnes suivies pour une sclérose en plaques en France en 2021, d'après la Fondation pour la Recherche Médicale.

On distingue plusieurs formes évolutives : la forme récurrente-rémittente (environ 85 % des cas au diagnostic), qui évolue par poussées suivies de récupération ; la forme secondairement progressive, qui succède parfois à la précédente par une aggravation plus continue ; et la forme progressive d'emblée, plus rare, sans poussées distinctes. Le diagnostic repose sur les critères de McDonald, associant clinique, IRM et parfois analyse du liquide céphalo-rachidien — des critères d'ailleurs révisés fin 2024 pour intégrer de nouveaux marqueurs biologiques et radiologiques.

Les traitements de référence

Les traitements de fond, dits « de modification de la maladie », visent à réduire la fréquence des poussées et à ralentir l'accumulation du handicap — sans, à ce jour, guérir la maladie. Plusieurs familles sont aujourd'hui établies : les interférons bêta et l'acétate de glatiramère, les plus anciens ; les anticorps anti-CD20 (ocrélizumab, ofatumumab), qui ciblent les lymphocytes B et constituent aujourd'hui la classe la plus largement utilisée dans les formes actives ; les modulateurs des récepteurs S1P (fingolimod, siponimod, ozanimod) ; le natalizumab, très efficace mais nécessitant une surveillance rapprochée ; et des traitements dits de reconstitution immunitaire comme la cladribine ou l'alemtuzumab.

Les avancées récentes

Au-delà de ces traitements bien établis, plusieurs pistes ont connu des avancées notables entre 2024 et 2026 — la plus importante concernant les formes progressives, longtemps restées sans réelle option thérapeutique :

  • Les inhibiteurs de BTK, la piste la plus surveillée. Ces molécules orales agissent sur les lymphocytes B et sur les cellules immunitaires du système nerveux central lui-même. Le tolébrutinib a démontré, dans l'essai de phase 3 HERCULES publié en 2025, un ralentissement de 31 % de la progression du handicap dans une forme progressive sans poussées — une première pour cette forme de la maladie. Son autorisation a toutefois été refusée par les autorités américaines fin 2025, qui ont demandé des données complémentaires ; le dossier reste en cours d'examen. Le fénébrutinib, de son côté, a annoncé fin 2025 des résultats de phase 3 positifs à la fois dans les formes actives et dans la forme progressive d'emblée — une combinaison inédite pour cette classe de médicaments.23
  • Un anticorps ciblant un mécanisme nouveau. Le fréxalimab, dirigé contre une protéine appelée CD40L, agit par une voie différente des traitements existants, sans détruire les lymphocytes B. Ses résultats de phase 2 sont encourageants et deux essais de phase 3 sont en cours, dont l'un spécifiquement dans une forme progressive.4
  • La thérapie cellulaire CAR-T, encore expérimentale. Inspirée des traitements développés en cancérologie, cette approche consiste à reprogrammer certaines cellules immunitaires du patient pour cibler spécifiquement les cellules responsables de l'inflammation. Les premiers essais, menés chez des patients aux formes progressives résistantes aux traitements habituels, montrent une bonne tolérance ; il s'agit toutefois d'une piste de recherche précoce, encore loin d'une utilisation courante.5
  • Un biomarqueur sanguin pour mieux suivre la maladie. Le dosage sanguin des neurofilaments à chaîne légère (NfL), une protéine libérée lors de la souffrance des fibres nerveuses, se développe comme outil de suivi de l'activité de la maladie, en complément de l'IRM. Un test a obtenu une désignation accélérée par les autorités américaines ; son adoption en pratique clinique courante progresse mais reste encore en développement réglementaire.6
  • Une administration simplifiée pour un traitement existant. En septembre 2024, une nouvelle forme d'ocrélizumab administrée par simple injection sous-cutanée d'environ dix minutes, deux fois par an, a été autorisée — une alternative bien plus rapide à la perfusion intraveineuse de près de deux heures jusque-là nécessaire.7
Points clés

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune de la myéline touchant surtout l'adulte jeune, avec une nette prédominance féminine · les traitements de référence — anti-CD20, modulateurs S1P, natalizumab — réduisent efficacement les poussées mais agissent moins sur les formes progressives · la recherche récente cible justement ces formes progressives, avec les inhibiteurs de BTK en tête de file, aux côtés de nouveaux mécanismes (anti-CD40L), de la thérapie cellulaire CAR-T encore expérimentale, et de biomarqueurs sanguins pour affiner le suivi.

Références

  1. Focus sur la sclérose en plaques — Fondation pour la Recherche Médicale. Données épidémiologiques françaises, 2021.
  2. Résultats de l'essai de phase 3 HERCULES sur le tolébrutinib — Sanofi, avril 2025, d'après une étude publiée dans le New England Journal of Medicine.
  3. Genentech's fenebrutinib shows unprecedented results in multiple sclerosis — Genentech/Roche, novembre 2025.
  4. Trial of Frexalimab for Multiple Sclerosis — The New England Journal of Medicine, 2024.
  5. CAR-T cell therapy shows safety, efficacy in MS trials — Multiple Sclerosis News Today, avril 2025, d'après des données présentées au congrès de l'American Academy of Neurology.
  6. Roche Elecsys NfL test granted FDA Breakthrough Device Designation — Roche Diagnostics.
  7. FDA approves first and only twice-a-year, 10-minute subcutaneous injection for people with relapsing and progressive multiple sclerosis — Roche, septembre 2024.

Cet article a un but pédagogique et d'information générale ; il ne remplace pas l'avis d'un neurologue et ne constitue pas un diagnostic ou une recommandation de traitement individuel.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article rédigé le 22 septembre 2026 à 17 h 17 · Révisé et mis à jour le 22 septembre 2026 à 17 h 17.
Signé : Dr Farid Aassouani