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RCH (rectocolite hémorragique) : ce que montre l'imagerie

Article rédigé le22 septembre 2026 à 17 h 51

Révisé et mis à jour le22 septembre 2026 à 17 h 51

Rectocolite hémorragique RCH Scanner abdominal Niveau : patient
Sur cette page
  1. Qu'est-ce que la rectocolite hémorragique
  2. RCH ou maladie de Crohn
  3. Ce que montre l'imagerie
  4. Le mégacôlon toxique
  5. Les autres complications
  6. Traitement en bref
  7. Références

La rectocolite hémorragique (RCH), ou colite ulcéreuse, est l'une des deux grandes maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, aux côtés de la maladie de Crohn. Le diagnostic repose avant tout sur la coloscopie avec biopsies ; l'imagerie intervient surtout pour évaluer l'étendue de la maladie, rechercher des complications, et parfois pour explorer une poussée sévère lorsque la coloscopie est trop risquée.

Un diagnostic qui reste endoscopique

La coloscopie avec biopsies demeure l'examen de référence pour diagnostiquer et caractériser la rectocolite hémorragique. L'imagerie ne la remplace pas : elle apporte des informations complémentaires, en particulier sur l'étendue de l'atteinte et les complications.

Qu'est-ce que la rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique est une maladie auto-immune et chronique, évoluant par poussées et périodes de rémission, qui touche exclusivement le côlon et le rectum. Elle débute le plus souvent entre 15 et 30 ans, avec un second pic plus discret entre 50 et 70 ans, et touche autant les hommes que les femmes. Sa cause exacte reste inconnue, associant probablement une prédisposition génétique et des facteurs environnementaux1.

RCH ou maladie de Crohn

La rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn sont souvent rapprochées, mais leurs caractéristiques diffèrent nettement :

  • Une atteinte continue, sans intervalle sain. À la différence des lésions « en cartes de géographie » de la maladie de Crohn, la RCH s'étend de façon continue, sans zone saine intercalée.
  • Un point de départ constant : le rectum. L'atteinte débute presque toujours au rectum et remonte plus ou moins loin dans le côlon. Un rectum épargné oriente au contraire vers une maladie de Crohn.
  • Une atteinte superficielle. L'inflammation reste limitée à la muqueuse et à la sous-muqueuse, sans traverser toute la paroi — contrairement à la maladie de Crohn, transmurale, qui peut se compliquer de fistules.
  • Pas d'atteinte de l'intestin grêle ni de signe du peigne mésentérique, deux éléments évocateurs de la maladie de Crohn lorsqu'ils sont présents.

Ce que montre l'imagerie

Sur un scanner ou une IRM injectés, la RCH se traduit par un épaississement pariétal continu et symétrique du côlon, débutant au rectum. La paroi prend volontiers un aspect en cible — la stratification pariétale — avec des anneaux concentriques qui reflètent l'œdème de la sous-muqueuse. Avec le temps, les haustrations coliques s'estompent, et dans les formes anciennes, le côlon peut devenir lisse, rétréci et raccourci — l'aspect classique en « tuyau de plomb »1.

ATTEINTE CONTINUE (RCH) CONTRE ATTEINTE DISCONTINUE (CROHN) Rectocolite hémorragique rectum Continue, débute toujours au rectum, sans intervalle sain Maladie de Crohn rectum épargné Discontinue, segments atteints séparés par des zones saines
Figure 1. Schéma de principe, non issu d'une image réelle. La rectocolite hémorragique s'étend de façon continue depuis le rectum, à la différence de l'atteinte discontinue « en cartes de géographie » de la maladie de Crohn.

Lors d'une poussée sévère, l'abdomen sans préparation ou le scanner peuvent montrer un « thumbprinting » — des empreintes en doigts de pouce le long de la paroi colique, liées à l'œdème de la muqueuse et de la sous-muqueuse — ainsi qu'une dilatation colique, signe d'alerte à surveiller de près3.

Le mégacôlon toxique

Le mégacôlon toxique est la complication la plus redoutée d'une poussée sévère de RCH : le côlon se dilate fortement et perd sa tonicité, dans un contexte d'altération marquée de l'état général. C'est une urgence radiologique et chirurgicale, en raison du risque élevé de perforation2.

Critère radiologique du mégacôlon toxique Un diamètre du côlon transverse égal ou supérieur à 6 cm, mesuré sur un cliché d'abdomen sans préparation réalisé en position couchée — l'examen de référence pour le diagnostic initial et la surveillance répétée, la coloscopie et le lavement baryté étant contre-indiqués dans ce contexte en raison du risque de perforation.

Les autres complications

  • La perforation, la complication la plus grave, se traduit par la présence d'air libre dans la cavité péritonéale sur le scanner ou l'abdomen sans préparation.
  • Le risque de cancer colorectal augmente avec l'ancienneté et l'étendue de la maladie, en particulier au-delà de huit à dix ans d'évolution — ce qui justifie une surveillance endoscopique régulière chez les patients atteints de longue date.

Traitement en bref

Le traitement de première intention repose sur les dérivés 5-ASA (mésalazine), par voie orale et/ou locale selon l'étendue de l'atteinte. Les corticoïdes permettent de traiter les poussées, sans être utilisés au long cours. Dans les formes modérées à sévères ou résistantes, différents traitements de fond peuvent être proposés — anti-TNF, védolizumab, anti-IL-12/23, ou inhibiteurs de JAK. La chirurgie (coloproctectomie), réservée aux formes résistantes ou compliquées, a la particularité d'être curative dans la RCH, puisque la maladie reste limitée au côlon.

Points clés

La rectocolite hémorragique touche uniquement le côlon et le rectum, de façon continue et superficielle, à la différence de la maladie de Crohn, discontinue et transmurale · l'imagerie montre un épaississement pariétal continu débutant au rectum, avec parfois un aspect en cible ou, dans les formes anciennes, un aspect en tuyau de plomb · le mégacôlon toxique, défini par un côlon transverse ≥ 6 cm sur l'abdomen sans préparation, est une urgence radiologique et chirurgicale · le risque de cancer colorectal justifie une surveillance endoscopique dans les formes anciennes et étendues.

Références

  1. Ulcerative colitis — Radiopaedia. Épidémiologie, aspects en imagerie et comparaison avec la maladie de Crohn.
  2. Toxic megacolon — Radiopaedia. Critères diagnostiques et prise en charge radiologique du mégacôlon toxique.
  3. Thumbprinting — Radiopaedia. Description du signe et de ses causes.
  4. Société Française de Radiologie — Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. Référentiel des indications d'imagerie devant une maladie inflammatoire chronique de l'intestin.

Cet article a un but pédagogique et ne constitue pas un diagnostic médical individuel ; seul le médecin ayant accès au dossier complet du patient peut interpréter une imagerie digestive ou adapter le traitement d'une rectocolite hémorragique.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article rédigé le 22 septembre 2026 à 17 h 51 · Révisé et mis à jour le 22 septembre 2026 à 17 h 51.
Signé : Dr Farid Aassouani