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Devoir passer une IRM tous les ans ou presque, sans qu'aucun symptôme n'ait changé, peut sembler excessif — et pourtant, c'est précisément parce que la maladie de Crohn peut évoluer en silence que l'imagerie a pris une place centrale dans son suivi. C'est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, qui touche le plus souvent la fin de l'intestin grêle et le début du côlon. Cette page explique ce que le radiologue recherche sur ces examens, terme par terme, sans remplacer le compte rendu du médecin qui suit le dossier.
Cette page explique en termes simples le rôle de l'imagerie dans le suivi de la maladie de Crohn, une des deux principales maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) avec la rectocolite hémorragique. Elle est écrite pour un patient ou un proche qui a lu ces termes sur un compte rendu. Elle ne remplace pas l'avis du gastro-entérologue ou du radiologue qui suit le dossier.
Qu'est-ce que la maladie de Crohn
La maladie de Crohn fait partie des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Le système immunitaire s'attaque, par erreur, à la paroi du tube digestif, ce qui y entretient une inflammation durable. Deux caractéristiques la distinguent de l'autre grande MICI, la rectocolite hémorragique :
- Elle peut toucher tout le tube digestif, de la bouche à l'anus, mais elle affecte le plus souvent la dernière partie de l'intestin grêle (l'iléon) et le début du côlon.
- Les lésions sont discontinues : des segments malades alternent avec des segments sains, ce qu'on appelle un aspect « en cartes de géographie » ou en skip lesions.
- L'inflammation traverse toute l'épaisseur de la paroi — on parle d'atteinte transmurale — alors que la rectocolite hémorragique reste limitée à la couche la plus superficielle.
Les examens qui la surveillent
Parce que cette maladie évolue sur des années, le suivi privilégie les examens qui n'irradient pas :
- L'entéro-IRM (IRM de l'intestin grêle) est devenue l'examen de référence pour le suivi régulier : elle montre finement la paroi digestive sans exposer aux rayons X, un avantage important chez des patients suivis parfois pendant des décennies.
- Le scanner abdominal reste utile en urgence, en particulier pour rechercher rapidement une complication aiguë — occlusion, perforation, abcès.
- L'échographie intestinale, réalisée par un opérateur entraîné, permet un suivi simple et répétable de l'épaisseur de la paroi, en complément des autres examens.
Ce que l'imagerie recherche dans la paroi
Sur ces examens, plusieurs signes traduisent une inflammation active de la paroi intestinale :
- L'épaississement de la paroi intestinale, normalement fine, est le signe le plus constant d'une atteinte active.
- Le réhaussement pariétal après injection, décrit ci-dessus, quantifie l'intensité de l'inflammation.
- Le signe du peigne (comb sign) désigne les petits vaisseaux dilatés qui alimentent le segment malade et se dessinent, sur l'image, comme les dents d'un peigne le long de l'intestin.
- L'œdème et l'infiltration de la graisse autour du segment atteint traduisent une inflammation qui déborde de la paroi vers les tissus voisins.
Les complications qu'elle détecte
Au-delà de l'inflammation elle-même, l'imagerie recherche systématiquement les complications propres à cette maladie, car elles changent la prise en charge1 :
- La sténose — un rétrécissement du calibre intestinal, cicatriciel ou inflammatoire, qui peut à terme provoquer une occlusion.
- La fistule — un trajet anormal qui relie l'intestin à un autre organe, à la peau, ou à un autre segment intestinal, conséquence de l'inflammation transmurale qui perce la paroi.
- L'abcès — une collection de pus qui se forme lorsque l'inflammation évolue vers une infection localisée.
- La fissure profonde ou l'ulcération qui creuse la paroi sans la perforer complètement.
Comment on juge l'activité de la maladie
Pour rendre ce suivi reproductible d'un examen à l'autre, les radiologues utilisent des scores standardisés qui combinent plusieurs de ces signes — épaisseur de la paroi, intensité du réhaussement, présence d'un signe du peigne, atteinte de la graisse voisine — en une valeur unique2.
Aucun signe isolé — épaississement, réhaussement, signe du peigne — ne suffit à lui seul à conclure. C'est leur combinaison, comparée aux examens précédents du même patient, qui permet de dire si la maladie est active, en rémission, ou en train de créer une complication.
Pourquoi ce suivi régulier
La maladie de Crohn évolue par poussées, entrecoupées de périodes de rémission, mais l'inflammation peut progresser sans provoquer de symptômes marqués — c'est ce qu'on appelle une atteinte silencieuse. Un suivi radiologique régulier permet de repérer cette évolution avant l'apparition d'une complication, et surtout de vérifier que le traitement en cours contrôle bien l'inflammation, y compris lorsque le patient se sent bien1.
Il ne pose aucun diagnostic et n'interprète pas un examen particulier ; il ne dit pas si un traitement doit être changé — cette décision appartient au gastro-entérologue, qui croise l'imagerie avec la clinique, la biologie et parfois l'endoscopie.
Maladie inflammatoire chronique de l'intestin, à lésions discontinues et transmurales, touchant surtout l'iléon et le côlon · suivie en priorité par l'entéro-IRM, examen sans irradiation adapté à un suivi répété · quatre signes clés : épaississement de la paroi, réhaussement muqueux après injection, signe du peigne, infiltration de la graisse voisine · complications recherchées systématiquement : sténose, fistule, abcès · un score combine ces signes pour objectiver l'activité de la maladie · le suivi régulier vise à détecter une évolution silencieuse, même en l'absence de symptômes.
Références
- Radiopaedia.org. « Crohn disease », article de référence en imagerie digestive — atteinte transmurale, lésions discontinues, signes en entéro-IRM et au scanner, complications (sténose, fistule, abcès). radiopaedia.org/articles/crohn-disease
- Société française de radiologie (SFR). Fiches d'imagerie sur le compte rendu type des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin et les scores d'activité en entéro-IRM. gbu.radiologie.fr
- Haute Autorité de santé (HAS). Guide du parcours de soins — maladie de Crohn, place de l'imagerie dans le suivi. has-sante.fr
Cet article a un but pédagogique et ne constitue pas un diagnostic médical individuel ; seul le médecin ayant accès au dossier complet du patient peut interpréter une imagerie digestive et adapter le traitement.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article rédigé le 13 septembre 2026 · Révisé et mis à jour le 13 septembre 2026 à 11 h 54.