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Sur un compte rendu de scanner de surveillance en oncologie, des sigles comme « SD », « PR » ou des pourcentages de variation de taille accompagnent souvent la conclusion. Ils renvoient à un système appelé RECIST, utilisé dans le monde entier pour décrire de façon standardisée l'évolution d'une tumeur sous traitement. Cette page explique ce que recouvre ce système et comment lire ses résultats sur un compte rendu.
Ce contenu s'adresse aux patients suivis en oncologie qui souhaitent comprendre les termes RECIST présents sur leurs comptes rendus d'imagerie. Il est à visée pédagogique et ne remplace ni une consultation médicale ni l'interprétation de l'examen par le radiologue ou l'oncologue qui suit le patient.
Ce que veut dire RECIST
RECIST est un acronyme anglais : Response Evaluation Criteria In Solid Tumors, soit « critères d'évaluation de la réponse dans les tumeurs solides ». La version actuellement utilisée, publiée en 2009, est appelée RECIST 1.11.
Ce n'est ni un examen, ni une maladie, ni un traitement : c'est une méthode de mesure, un ensemble de règles précises qui indiquent au radiologue quelles lésions mesurer, comment les mesurer, et comment comparer ces mesures d'un examen à l'autre2.
À quoi ça sert
Avant l'existence d'un système commun, chaque équipe évaluait la réponse d'une tumeur au traitement un peu à sa manière, ce qui rendait difficile la comparaison des résultats entre hôpitaux ou entre essais thérapeutiques. RECIST a été conçu pour répondre à ce problème, en imposant une méthode identique partout1.
En pratique clinique courante, ce même système sert aussi à suivre, examen après examen, si une maladie cancéreuse connue régresse, reste stable ou progresse sous traitement — l'information qui intéresse directement le patient et son oncologue.
Comment les lésions sont choisies
La première étape a lieu au moment du scanner initial, avant le début du traitement, qu'on appelle l'examen de référence ou baseline. Le radiologue sélectionne alors les lésions qui serviront de repères pour tout le suivi ultérieur2.
Une lésion n'est retenue comme cible que si elle est suffisamment grande pour être mesurée de façon fiable : 10 mm ou plus de grand axe pour une lésion tissulaire habituelle, 15 mm ou plus de petit axe pour un ganglion lymphatique3.
Comment le calcul est fait
Pour chaque lésion cible, le radiologue mesure une seule dimension : son plus grand diamètre, sauf pour les ganglions où c'est le petit axe qui est utilisé. L'addition de toutes ces mesures constitue la somme des diamètres, calculée à l'examen de référence puis recalculée à chaque examen de suivi3.
Les quatre catégories de réponse
La variation de la somme des diamètres, complétée par l'évolution des lésions non-cibles et la recherche de lésions nouvelles, classe chaque examen dans l'une de quatre catégories3 :
- Réponse complète (RC). Disparition de toutes les lésions cibles, et disparition ou normalisation de toutes les lésions non-cibles.
- Réponse partielle (RP). Diminution d'au moins 30 % de la somme des diamètres par rapport à la référence.
- Maladie stable (MS). La variation ne remplit les critères ni de réponse partielle, ni de progression : c'est la catégorie « entre les deux ».
- Maladie progressive (PD). Augmentation d'au moins 20 % de la somme des diamètres par rapport au plus petit résultat obtenu depuis le début du traitement — avec une augmentation d'au moins 5 mm en valeur absolue — ou apparition d'une lésion nouvelle. L'un ou l'autre suffit à conclure à une progression3.
Comment lire un compte rendu de suivi
Un compte rendu construit sur RECIST reprend en général la même logique à chaque examen : la mesure de chaque lésion cible, la somme obtenue, la variation en pourcentage par rapport à l'examen de référence et au nadir, la description des lésions non-cibles, la recherche de lésions nouvelles, puis une conclusion synthétique reprenant l'une des quatre catégories2.
Les examens de suivi sont en général espacés de plusieurs semaines à quelques mois, un rythme adapté au traitement en cours et fixé par l'oncologue plutôt que par le radiologue3.
« Maladie stable » ne veut pas dire « rien ne se passe » : cela signifie que la tumeur n'a ni suffisamment régressé pour parler de réponse, ni suffisamment progressé pour parler de progression. C'est une catégorie à part entière, pas une absence de résultat.
RECIST est un outil de mesure de la taille, pas un diagnostic global. Il ne remplace ni les marqueurs biologiques, ni l'état clinique du patient, ni l'avis de l'oncologue, qui intègre toutes ces informations pour adapter le traitement. Un même résultat RECIST peut avoir des implications différentes selon le type de cancer et le traitement en cours.
RECIST est une méthode standardisée de mesure de l'évolution des tumeurs, pas un examen en soi · au scanner de référence, jusqu'à cinq lésions mesurables sont choisies comme cibles, les autres restant des lésions non-cibles surveillées · la somme des diamètres des lésions cibles est recalculée à chaque examen et comparée à la référence et au nadir · quatre catégories résument le résultat : réponse complète, réponse partielle (≥ 30 % de diminution), maladie stable, et progression (≥ 20 % d'augmentation et ≥ 5 mm, ou lésion nouvelle) · l'interprétation finale revient toujours à l'oncologue, en tenant compte du contexte clinique global.
Références
- RECIST Working Group. Recist 1.1 — site officiel du groupe RECIST (EORTC). Historique, objectifs et principes généraux du système. recist.eortc.org/recist-1-1
- The Radiology Assistant. RECIST 1.1 — the basics. Explication pratique de la sélection des lésions cibles et non-cibles et de la construction d'un compte rendu de suivi. radiologyassistant.nl
- Eisenhauer EA et al. New response evaluation criteria in solid tumours: Revised RECIST guideline (version 1.1). European Journal of Cancer. 2009;45(2):228-247. Texte de référence : seuils de mesure des lésions cibles (10 mm, 15 mm pour les ganglions), définitions exactes des catégories de réponse et de la notion de nadir. doi.org/10.1016/j.ejca.2008.10.026
Les seuils cités correspondent à la version RECIST 1.1, la plus largement utilisée en 2026 ; certains essais cliniques ou situations particulières peuvent employer des critères adaptés (iRECIST en immunothérapie, par exemple). Aucun pourcentage ne remplace la lecture des images par un médecin, ni l'avis de l'oncologue référent. Ce contenu est fourni à titre pédagogique et ne constitue pas un diagnostic.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article publié le 11 septembre 2026.