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Le RECIST : c'est quoi et comment le déchiffrer ?

Dernière révision le 11 septembre 2026

Suivi oncologique Scanner de surveillance Niveau : patient
Sur cette page
  1. Ce que veut dire RECIST
  2. À quoi ça sert
  3. Comment les lésions sont choisies
  4. Comment le calcul est fait
  5. Les quatre catégories de réponse
  6. Comment lire un compte rendu de suivi
  7. Références

Sur un compte rendu de scanner de surveillance en oncologie, des sigles comme « SD », « PR » ou des pourcentages de variation de taille accompagnent souvent la conclusion. Ils renvoient à un système appelé RECIST, utilisé dans le monde entier pour décrire de façon standardisée l'évolution d'une tumeur sous traitement. Cette page explique ce que recouvre ce système et comment lire ses résultats sur un compte rendu.

À qui s'adresse cette page

Ce contenu s'adresse aux patients suivis en oncologie qui souhaitent comprendre les termes RECIST présents sur leurs comptes rendus d'imagerie. Il est à visée pédagogique et ne remplace ni une consultation médicale ni l'interprétation de l'examen par le radiologue ou l'oncologue qui suit le patient.

Ce que veut dire RECIST

RECIST est un acronyme anglais : Response Evaluation Criteria In Solid Tumors, soit « critères d'évaluation de la réponse dans les tumeurs solides ». La version actuellement utilisée, publiée en 2009, est appelée RECIST 1.11.

Ce n'est ni un examen, ni une maladie, ni un traitement : c'est une méthode de mesure, un ensemble de règles précises qui indiquent au radiologue quelles lésions mesurer, comment les mesurer, et comment comparer ces mesures d'un examen à l'autre2.

À quoi ça sert

Avant l'existence d'un système commun, chaque équipe évaluait la réponse d'une tumeur au traitement un peu à sa manière, ce qui rendait difficile la comparaison des résultats entre hôpitaux ou entre essais thérapeutiques. RECIST a été conçu pour répondre à ce problème, en imposant une méthode identique partout1.

En pratique clinique courante, ce même système sert aussi à suivre, examen après examen, si une maladie cancéreuse connue régresse, reste stable ou progresse sous traitement — l'information qui intéresse directement le patient et son oncologue.

Comment les lésions sont choisies

La première étape a lieu au moment du scanner initial, avant le début du traitement, qu'on appelle l'examen de référence ou baseline. Le radiologue sélectionne alors les lésions qui serviront de repères pour tout le suivi ultérieur2.

Scanner de référence — vue schématique Lésion cible 1 Lésion cible 2 Ganglion cible (petit axe ≥ 15 mm) Lésions non-cibles suivies mais non mesurées précisément Maximum 5 lésions cibles au total, 2 par organe — schéma explicatif simplifié
Figure 1. Les lésions les plus représentatives et les plus mesurables sont choisies comme « cibles » — cinq au maximum, deux par organe. Les autres lésions connues sont classées « non-cibles » : elles restent surveillées, mais sans mesure millimétrique précise à chaque examen.

Une lésion n'est retenue comme cible que si elle est suffisamment grande pour être mesurée de façon fiable : 10 mm ou plus de grand axe pour une lésion tissulaire habituelle, 15 mm ou plus de petit axe pour un ganglion lymphatique3.

Lésion cible / lésion non-cible Une lésion cible est mesurée précisément, en millimètres, à chaque examen : c'est elle qui alimente le calcul chiffré de la réponse. Une lésion non-cible est notée présente, stable, en régression ou en progression, sans mesure exacte — elle garde son importance, notamment si elle apparaît nettement plus volumineuse, ce qui peut à lui seul faire basculer la conclusion.

Comment le calcul est fait

Pour chaque lésion cible, le radiologue mesure une seule dimension : son plus grand diamètre, sauf pour les ganglions où c'est le petit axe qui est utilisé. L'addition de toutes ces mesures constitue la somme des diamètres, calculée à l'examen de référence puis recalculée à chaque examen de suivi3.

Référence 40 mm Somme des diamètres au premier examen suivi Examen de suivi 26 mm soit −35 % par rapport à la référence Variation calculée −35 % = Réponse partielle (≥ 30 % de diminution) Exemple chiffré illustratif — schéma explicatif simplifié
Figure 2. À chaque examen, la nouvelle somme des diamètres est comparée à celle de la référence — et, une fois le traitement commencé, à la plus petite somme jamais enregistrée, appelée le nadir. C'est cette variation en pourcentage qui détermine la catégorie de réponse.

Les quatre catégories de réponse

La variation de la somme des diamètres, complétée par l'évolution des lésions non-cibles et la recherche de lésions nouvelles, classe chaque examen dans l'une de quatre catégories3 :

RC Disparition complète RP ≥ 30 % de diminution MS Ni RP ni PD : maladie stable PD ≥ 20 % d'augmentation (et ≥ 5 mm) ou lésion nouvelle RP : référence initiale · PD : nadir — schéma explicatif simplifié
Figure 3. Entre la disparition complète et la progression se trouve un large intervalle où la maladie est dite « stable » : ni assez de régression pour parler de réponse partielle, ni assez de croissance pour parler de progression. Une maladie stable n'est donc pas une mauvaise nouvelle en soi.
  • Réponse complète (RC). Disparition de toutes les lésions cibles, et disparition ou normalisation de toutes les lésions non-cibles.
  • Réponse partielle (RP). Diminution d'au moins 30 % de la somme des diamètres par rapport à la référence.
  • Maladie stable (MS). La variation ne remplit les critères ni de réponse partielle, ni de progression : c'est la catégorie « entre les deux ».
  • Maladie progressive (PD). Augmentation d'au moins 20 % de la somme des diamètres par rapport au plus petit résultat obtenu depuis le début du traitement — avec une augmentation d'au moins 5 mm en valeur absolue — ou apparition d'une lésion nouvelle. L'un ou l'autre suffit à conclure à une progression3.
Le nadir Le nadir est la plus petite somme des diamètres mesurée depuis le début du suivi, pas nécessairement celle du premier examen. C'est cette valeur, et non uniquement la référence initiale, qui sert de point de comparaison pour repérer une éventuelle progression.

Comment lire un compte rendu de suivi

Un compte rendu construit sur RECIST reprend en général la même logique à chaque examen : la mesure de chaque lésion cible, la somme obtenue, la variation en pourcentage par rapport à l'examen de référence et au nadir, la description des lésions non-cibles, la recherche de lésions nouvelles, puis une conclusion synthétique reprenant l'une des quatre catégories2.

Les examens de suivi sont en général espacés de plusieurs semaines à quelques mois, un rythme adapté au traitement en cours et fixé par l'oncologue plutôt que par le radiologue3.

À retenir

« Maladie stable » ne veut pas dire « rien ne se passe » : cela signifie que la tumeur n'a ni suffisamment régressé pour parler de réponse, ni suffisamment progressé pour parler de progression. C'est une catégorie à part entière, pas une absence de résultat.

Ce que RECIST ne mesure pas

RECIST est un outil de mesure de la taille, pas un diagnostic global. Il ne remplace ni les marqueurs biologiques, ni l'état clinique du patient, ni l'avis de l'oncologue, qui intègre toutes ces informations pour adapter le traitement. Un même résultat RECIST peut avoir des implications différentes selon le type de cancer et le traitement en cours.

Points clés

RECIST est une méthode standardisée de mesure de l'évolution des tumeurs, pas un examen en soi · au scanner de référence, jusqu'à cinq lésions mesurables sont choisies comme cibles, les autres restant des lésions non-cibles surveillées · la somme des diamètres des lésions cibles est recalculée à chaque examen et comparée à la référence et au nadir · quatre catégories résument le résultat : réponse complète, réponse partielle (≥ 30 % de diminution), maladie stable, et progression (≥ 20 % d'augmentation et ≥ 5 mm, ou lésion nouvelle) · l'interprétation finale revient toujours à l'oncologue, en tenant compte du contexte clinique global.

Références

  1. RECIST Working Group. Recist 1.1 — site officiel du groupe RECIST (EORTC). Historique, objectifs et principes généraux du système. recist.eortc.org/recist-1-1
  2. The Radiology Assistant. RECIST 1.1 — the basics. Explication pratique de la sélection des lésions cibles et non-cibles et de la construction d'un compte rendu de suivi. radiologyassistant.nl
  3. Eisenhauer EA et al. New response evaluation criteria in solid tumours: Revised RECIST guideline (version 1.1). European Journal of Cancer. 2009;45(2):228-247. Texte de référence : seuils de mesure des lésions cibles (10 mm, 15 mm pour les ganglions), définitions exactes des catégories de réponse et de la notion de nadir. doi.org/10.1016/j.ejca.2008.10.026

Les seuils cités correspondent à la version RECIST 1.1, la plus largement utilisée en 2026 ; certains essais cliniques ou situations particulières peuvent employer des critères adaptés (iRECIST en immunothérapie, par exemple). Aucun pourcentage ne remplace la lecture des images par un médecin, ni l'avis de l'oncologue référent. Ce contenu est fourni à titre pédagogique et ne constitue pas un diagnostic.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article publié le 11 septembre 2026.