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Maladie de Parkinson : où en est la recherche thérapeutique

Article rédigé le21 septembre 2026 à 12 h 41

Révisé et mis à jour le21 septembre 2026 à 12 h 41

Maladie de Parkinson Neurologie Innovation thérapeutique Niveau : grand public
Sur cette page
  1. La maladie en bref
  2. Les traitements de référence
  3. Les avancées récentes
  4. Références

La maladie de Parkinson est devenue, ces dernières années, la maladie neurologique dont le nombre de cas progresse le plus vite dans le monde. Cet article s'écarte volontairement de l'imagerie pour se concentrer sur l'essentiel : ce qu'est cette maladie, et où en est aujourd'hui la recherche d'un traitement qui irait au-delà du simple contrôle des symptômes.

La maladie en bref

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive, liée à la perte des neurones qui produisent la dopamine dans une région profonde du cerveau, la substance noire. Elle se traduit par des symptômes moteurs caractéristiques — tremblement de repos, lenteur des mouvements, rigidité musculaire et troubles de l'équilibre — mais elle s'accompagne aussi de symptômes non moteurs qui, chez de nombreux patients, précèdent le diagnostic de plusieurs années : perte de l'odorat, troubles du sommeil paradoxal, constipation, anxiété ou dépression.

C'est aujourd'hui la maladie neurologique dont la prévalence augmente le plus vite au monde. Une étude de modélisation publiée en 2025 projette une progression du nombre de cas dans le monde, porté principalement par le vieillissement de la population plutôt que par l'apparition d'un facteur de risque nouveau.1

NOMBRE DE PERSONNES ATTEINTES DANS LE MONDE — PROJECTION 11,8 M 2021 25,2 M 2050 (estimation)
Figure 1. Projection du nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson dans le monde, d'après une étude de modélisation publiée en 2025 — une progression portée surtout par l'allongement de l'espérance de vie.

Les traitements de référence

Le traitement de référence reste la lévodopa, associée à la carbidopa, qui compense le manque de dopamine et demeure le médicament le plus efficace sur les symptômes moteurs. Les agonistes dopaminergiques et les inhibiteurs enzymatiques (IMAO-B, ICOMT) complètent souvent ce traitement de fond. Lorsque les symptômes deviennent difficiles à équilibrer avec les seuls médicaments, la stimulation cérébrale profonde — de petites électrodes implantées dans le cerveau et reliées à un stimulateur — est proposée chez certains patients pour réduire les fluctuations motrices.

Les avancées récentes

Au-delà de ces traitements bien établis, plusieurs pistes ont connu des avancées notables entre 2024 et 2026 :

  • Une stimulation cérébrale « intelligente ». En février 2025, un système de stimulation cérébrale profonde adaptative a reçu son autorisation aux États-Unis — le premier capable d'ajuster automatiquement le courant délivré en fonction de l'activité cérébrale mesurée en temps réel, au lieu d'un réglage fixe.2
  • Une thérapie cellulaire en phase 3. Des neurones producteurs de dopamine, obtenus en laboratoire à partir de cellules souches puis greffés dans le cerveau, ont montré leur capacité à survivre et à produire de la dopamine chez les premiers patients traités. Cette thérapie est désormais entrée en essai de phase 3, une étape clé avant une éventuelle autorisation.3
  • Des immunothérapies ciblant la protéine en cause. Le prasinezumab, un anticorps dirigé contre l'alpha-synucléine — la protéine qui s'accumule dans les neurones atteints — n'a pas atteint son objectif principal en phase 2, mais des résultats encourageants sur le ralentissement de la progression ont conduit au lancement d'un essai de phase 3 en 2025. L'objectif : ralentir la maladie elle-même, et non plus seulement ses symptômes.4
  • Des résultats contrastés pour des médicaments du diabète. Deux médicaments de la famille des agonistes du GLP-1 ont été testés pour un possible effet protecteur sur les neurones. En France, l'essai LixiPark a montré un ralentissement de l'aggravation motrice avec le lixisénatide. À l'inverse, un essai britannique de plus grande ampleur portant sur l'exénatide n'a pas confirmé de bénéfice. Ces résultats illustrent une piste prometteuse mais encore loin d'être validée.5
  • Une pompe portable sans chirurgie. Un nouveau dispositif délivrant en continu de la lévodopa sous la peau, par une petite pompe portable, a été autorisé fin 2024 pour les patients aux formes avancées, offrant une alternative sans opération aux pompes existantes.6
  • Des ultrasons focalisés guidés par IRM, aux côtés de la stimulation cérébrale profonde. Cette technique de thermo-ablation non invasive, ciblée sous contrôle IRM en temps réel, traite certains tremblements réfractaires ou dyskinésies sans ouverture de la boîte crânienne. Autorisée dès 2018 pour le tremblement puis étendue en 2021 à la dyskinésie, ses indications continuent de s'élargir : un traitement bilatéral en deux temps a été approuvé aux États-Unis en 2025.7
  • Un diagnostic biologique, avant les premiers symptômes moteurs. Un test réalisable par ponction lombaire, prise de sang ou biopsie cutanée permet désormais de détecter la forme pathologique de l'alpha-synucléine — la protéine qui s'accumule dans les neurones atteints — parfois des années avant l'apparition des symptômes moteurs. Cette avancée fait progressivement passer le diagnostic de la maladie de Parkinson d'une approche purement clinique à un diagnostic biologique précoce.8
Points clés

La maladie de Parkinson résulte de la perte des neurones à dopamine de la substance noire, et sa fréquence augmente rapidement dans le monde avec le vieillissement de la population · les traitements de référence — lévodopa, agonistes dopaminergiques, stimulation cérébrale profonde — restent efficaces sur les symptômes · la recherche récente porte surtout sur des traitements qui viseraient la maladie elle-même : thérapie cellulaire, immunothérapie anti-alpha-synucléine, et des dispositifs de stimulation, d'ablation ou de diagnostic plus précis.

Infographie de synthèse sur la maladie de Parkinson : voie nigrostriatale, traitements de référence et sept avancées thérapeutiques récentes
Figure 2. Synthèse illustrée, à visée pédagogique, des traitements de référence et des avancées thérapeutiques récentes évoqués dans cet article — non issue d'une image médicale réelle.

Références

  1. Global cases of Parkinson's predicted to rise to 25 million by 2050 — Parkinson's UK, 2025. Étude de modélisation sur la prévalence mondiale de la maladie.
  2. Medtronic earns FDA approval for the world's first adaptive deep brain stimulation system — Medtronic, février 2025.
  3. Stem-cell therapy is a "big leap" for Parkinson's treatment — UCI Health, avril 2025, d'après une étude publiée dans Nature.
  4. Roche to advance prasinezumab into phase III — Roche, juin 2025.
  5. Trial of Lixisenatide in Early Parkinson's Disease — The New England Journal of Medicine, 2024.
  6. US FDA approves Vyalev (foscarbidopa and foslevodopa) — AbbVie, octobre 2024.
  7. Insightec announces FDA approval of staged bilateral focused ultrasound treatment for Parkinson's disease — Insightec, juillet 2025.
  8. Assessment of heterogeneity among participants in the Parkinson's Progression Markers Initiative cohort using α-synuclein seed amplification: a cross-sectional study — The Lancet Neurology, 2023. Étude de validation du test biologique de détection de l'alpha-synucléine pathologique.

Cet article a un but pédagogique et d'information générale ; il ne remplace pas l'avis d'un neurologue et ne constitue pas un diagnostic ou une recommandation de traitement individuel.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article rédigé le 21 septembre 2026 à 12 h 41 · Révisé et mis à jour le 21 septembre 2026 à 12 h 41.
Signé : Dr Farid Aassouani