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Une toux qui traîne depuis des mois, une haleine que rien ne semble arranger, un aliment qui donne l'impression de « remonter » sans prévenir : ces signes discrets, souvent mis sur le compte de l'âge, peuvent en réalité pointer vers une seule et même poche, invisible à l'œil nu mais parfaitement visible sur une radiographie avec produit de contraste. Le diverticule de Zenker est une petite hernie de la paroi du pharynx, rare mais bien identifiée, qui explique une part notable des troubles de la déglutition chez les personnes âgées. Cette page explique où elle se forme, pourquoi, et ce que révèle l'imagerie.
Ce contenu s'adresse aux patients chez qui un diverticule de Zenker a été évoqué ou identifié, notamment sur une radiographie avec ingestion de produit de contraste. Il est à visée pédagogique et ne remplace ni une consultation médicale ni l'interprétation de l'examen par le radiologue ou le chirurgien qui suit le patient.
Une poche dans une zone de faiblesse naturelle
Le pharynx et l'œsophage sont entourés de muscles qui se contractent de façon coordonnée à chaque déglutition. À leur jonction existe une petite zone où deux groupes musculaires ne se recouvrent pas parfaitement : d'un côté les fibres obliques du muscle constricteur inférieur du pharynx, de l'autre les fibres transversales du muscle cricopharyngien. Cet interstice porte un nom : le triangle de Killian1.
C'est précisément à cet endroit que se forme le diverticule de Zenker — une poche qui n'implique que la muqueuse et la sous-muqueuse, sans les couches musculaires de la paroi. On parle donc d'un « faux diverticule », par opposition à un diverticule vrai qui engloberait toute l'épaisseur de la paroi1.
Pourquoi cette poche se forme
Ce n'est pas un hasard si la poche apparaît précisément dans le triangle de Killian. À chaque déglutition, le muscle cricopharyngien doit se relâcher pour laisser passer les aliments vers l'œsophage. Lorsque ce relâchement devient incomplet — le plus souvent en raison d'une perte progressive de sa souplesse — la pression à l'intérieur du pharynx augmente au moment d'avaler. Répétée à chaque repas pendant des années, cette pression finit par pousser la muqueuse à travers le point faible du triangle de Killian1.
Qui est concerné
Le diverticule de Zenker reste rare : il toucherait entre 0,01 % et 0,11 % de la population selon les séries publiées. Il est presque toujours diagnostiqué chez des personnes âgées, avec un pic de fréquence entre la 7e et la 9e décennie de vie, et touche plus souvent les hommes que les femmes. Il reste exceptionnel avant 40 ans1.
Les symptômes évocateurs
Les symptômes s'installent en général progressivement, sur plusieurs mois ou années, ce qui explique qu'ils soient souvent attribués au vieillissement avant que le diagnostic ne soit posé1 :
- Une gêne pour avaler (dysphagie). C'est le symptôme le plus fréquent, présent chez jusqu'à 98 % des patients.
- Une régurgitation d'aliments non digérés, parfois plusieurs heures après le repas, lorsque la poche se vide spontanément.
- Une mauvaise haleine (halitose), liée à la stagnation d'aliments dans la poche.
- Une toux, notamment nocturne, ou des épisodes d'inhalation, lorsque du contenu régurgité passe vers les voies respiratoires.
- Un amaigrissement inexpliqué, conséquence indirecte de la gêne à s'alimenter.
- Plus rarement, une petite masse perceptible dans le cou.
Ce que montre la radiographie
Le diagnostic repose sur le transit pharyngo-œsophagien avec produit de contraste (radiographie réalisée pendant l'ingestion de baryte, sous contrôle vidéo). Cet examen reste la référence : il montre précisément la taille de la poche, sa localisation et l'aspect de sa paroi interne1.
Sur les images, le produit de contraste — normalement destiné à suivre le trajet de l'œsophage — vient également remplir une poche arrondie, projetée en arrière de l'axe pharyngo-œsophagien, souvent déviée vers la gauche du cou.
Les traitements possibles
Seuls les diverticules symptomatiques sont traités — en pratique, les poches de plus de 2 cm sont les plus susceptibles de nécessiter une intervention ; en dessous, une simple surveillance suffit le plus souvent1.
Deux grandes approches existent, et la littérature ne montre pas la supériorité globale de l'une sur l'autre1 :
- La chirurgie ouverte (diverticulectomie associée à une myotomie du muscle cricopharyngien) : soulagement immédiat des symptômes chez 90 à 100 % des patients, récidive à long terme de 2 à 33 %, mortalité de 0 à 9,5 % selon les séries.
- L'approche endoscopique (section de la paroi commune entre la poche et l'œsophage, par agrafage ou au laser) : soulagement immédiat chez 94 à 100 % des patients, récidive de 0 à 47 %, mortalité de 0 à 1 %. Moins invasive, elle est souvent privilégiée chez les patients âgés ou fragiles.
Dans les deux cas, la myotomie du muscle cricopharyngien — le geste qui traite la cause plutôt que la seule poche — reste une étape essentielle : pratiquée seule, sans traiter la poche elle-même, elle expose à un risque élevé de récidive des symptômes1.
Le diverticule de Zenker n'est pas un diverticule « vrai » de l'œsophage, mais une poche muqueuse qui se forme dans un point de faiblesse naturel du pharynx, sous l'effet d'une pression répétée à la déglutition. Sa localisation précise en fait avant tout un diagnostic radiologique.
Il ne pose aucun diagnostic et n'interprète pas une radiographie individuelle ; il ne recommande aucun traitement en particulier — le choix entre chirurgie ouverte et approche endoscopique dépend de l'âge, de l'état général et des habitudes de l'équipe qui prend en charge le patient.
Le diverticule de Zenker se forme dans le triangle de Killian, une zone de faiblesse entre deux muscles du pharynx · c'est un « faux diverticule » par pulsion, lié à un relâchement incomplet du muscle cricopharyngien à la déglutition · il reste rare (0,01 à 0,11 % de la population), touche surtout les hommes après 60-70 ans et est exceptionnel avant 40 ans · le symptôme le plus fréquent est une gêne pour avaler, présente chez jusqu'à 98 % des patients · le diagnostic repose sur la radiographie avec produit de contraste, qui visualise directement la poche · seuls les diverticules symptomatiques sont traités, par chirurgie ouverte ou par voie endoscopique, sans qu'aucune des deux approches n'ait démontré de supériorité globale.
Références
- Zenker Diverticulum. Nesheiwat Z, Antunes C. StatPearls [Internet], dernière mise à jour août 2023. Anatomie du triangle de Killian, mécanisme de formation par pulsion, épidémiologie, fréquence des symptômes, imagerie diagnostique, seuils et résultats comparés des traitements chirurgicaux et endoscopiques. ncbi.nlm.nih.gov
- Crédit de l'image de la figure 2. Hassan S, « Zenker diverticulum », cas d'étude, rID : 85127, Radiopaedia.org (consulté le 12 septembre 2026), doi.org/10.53347/rID-85127.
Les chiffres d'incidence, de fréquence des symptômes et de résultats des traitements cités proviennent de séries publiées et varient d'une équipe et d'un pays à l'autre ; ils décrivent des groupes de patients, jamais un cas particulier. Cette page n'interprète pas votre examen ni ne recommande un traitement précis.
Rédigé par l'équipe éditoriale Halcura.
Validation médicale : Directeur de l'édition Halcura.
Article publié le 12 septembre 2026.