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Classification O-RADS : comprendre le score d'une masse de l'ovaire

Dernière révision le 7 septembre 2026

Pelvis féminin Échographie · IRM Score de risque Niveau : patient
Sur cette page
  1. Ce qu'est O-RADS
  2. Pourquoi un score plutôt qu'une phrase
  3. Les six catégories
  4. Ce que le radiologue regarde
  5. Le versant IRM
  6. Ce que le score ne dit pas
  7. Limites de cet article
  8. Références

O-RADS n'est pas un diagnostic : c'est un score de risque. Il classe une image d'ovaire ou d'annexe selon la probabilité qu'elle soit maligne, de 1 à 5, et associe à chaque niveau une conduite définie. Son but est que deux radiologues décrivant la même image écrivent la même chose — et que votre gynécologue sache exactement quoi en faire.

Un chiffre n'est pas un verdict

Un O-RADS 3 ne veut pas dire « à mi-chemin d'un cancer ». Il veut dire : moins d'une chance sur dix, et un contrôle est utile. La très grande majorité des masses de l'ovaire découvertes en imagerie sont bénignes.

Ce qu'est O-RADS

O-RADS signifie Ovarian-Adnexal Reporting and Data System : système de compte rendu et de données pour l'ovaire et les annexes. Il a été construit par l'American College of Radiology, et il appartient à la même famille que BI-RADS pour le sein ou TI-RADS pour la thyroïde.1

Il en existe deux versions complémentaires : une pour l'échographie, l'examen de première intention, dont la mise à jour en vigueur date de 2022 ; et une pour l'IRM, utilisée en seconde intention quand l'échographie ne suffit pas à trancher.2

Le principe est constant : décrire la lésion avec un vocabulaire fixe, en tirer un score, et faire correspondre à ce score une conduite. Trois étapes, et aucune place laissée à l'interprétation personnelle du lecteur.

Pourquoi un score plutôt qu'une phrase

Avant ces systèmes, un compte rendu pouvait conclure « kyste d'aspect complexe » ou « formation atypique de l'ovaire droit ». Deux médecins lisant ces mots n'en tiraient pas la même conduite : l'un surveillait, l'autre opérait.

Le score supprime cette ambiguïté. Il remplace une impression par une probabilité et une conduite. C'est particulièrement important sur l'ovaire, où l'enjeu est double et opposé : ne pas manquer un cancer, et ne pas opérer des femmes jeunes pour des lésions bénignes — une intervention sur l'ovaire n'étant jamais anodine pour la fertilité.

RISQUE DE MALIGNITÉ CROISSANT — O-RADS ÉCHOGRAPHIE O-RADS 1 O-RADS 2 O-RADS 3 O-RADS 4 O-RADS 5 — < 1 % 1 – 10 % 10 – 50 % ≥ 50 % Ovaire normal (avant ménopause) Presque certainement bénin Risque faible Risque intermédiaire Risque élevé rien à faire rien, ou contrôle simple échographie spécialisée ou IRM IRM ou avis onco-gynécologique avis onco-gynécologique
Figure 1. Les cinq niveaux de risque d'O-RADS échographie. La hauteur et l'intensité des barres représentent le risque de malignité, non la taille des lésions. Il existe en outre une catégorie O-RADS 0, qui ne figure pas sur cette échelle : elle signifie que l'examen était incomplet et qu'il doit être refait ou complété, sans qu'aucun risque ne soit attribué.

Les six catégories

O-RADS échographie — catégories, risque et conduite
ScoreRisque de malignitéCe que cela recouvreConduite
0non attribuéExamen incomplet : image insuffisante pour classerRefaire ou compléter l'examen
1—Ovaire normal de la femme non ménopausée : follicule ou corps jaune. Ce n'est pas une lésionAucune
2< 1 %Presque certainement bénin : kyste simple, kyste hémorragique, endométriome, kyste dermoïde d'aspect typiqueAucune, ou contrôle simple selon la taille et l'âge
31 – < 10 %Risque faible : lésion de grande taille mais d'aspect simple, ou lésion multiloculée sans composante solideÉchographie par un opérateur référent, ou IRM
410 – < 50 %Risque intermédiaire : présence d'une composante solide, ou vascularisation marquéeIRM, ou avis onco-gynécologique
5≥ 50 %Risque élevé : composante solide très vascularisée, végétations nombreuses, ascite ou nodules du péritoinePrise en charge onco-gynécologique

Deux remarques que les comptes rendus ne précisent pas toujours. La catégorie 1 n'existe que chez la femme non ménopausée : un follicule ou un corps jaune est un ovaire qui fonctionne, pas une anomalie. Et un même aspect peut être classé différemment avant et après la ménopause, parce que le contexte hormonal change la probabilité de départ.

Ce que le radiologue regarde

Le score ne sort pas d'une impression : il découle d'une description standardisée, avec un vocabulaire fixe.

  • Le contenu. Purement liquidien, ou contenant des éléments solides — c'est le critère qui pèse le plus lourd.
  • Les cloisons. Une lésion à une seule loge, à deux loges, ou multiloculée ; et l'épaisseur et la régularité de ces cloisons.
  • Les végétations. Des bourgeons faisant saillie dans le kyste. Leur nombre et leur taille comptent.
  • La vascularisation. Mesurée au Doppler couleur sur une échelle de 1 à 4, du sang absent au sang abondant. Une composante solide très vascularisée est le signe qui fait basculer vers les catégories hautes.
  • La taille. Elle module le classement, mais ne suffit jamais à elle seule : un gros kyste simple reste un kyste simple.
  • Le contexte pelvien. Présence d'un épanchement dans le ventre, de nodules sur le péritoine — des éléments qui pèsent lourd s'ils sont présents.

Le système reconnaît aussi une liste de lésions bénignes classiques — kyste hémorragique, endométriome, kyste dermoïde, hydrosalpinx, kyste paratubaire — dont l'aspect est si caractéristique qu'elles sont classées d'emblée en catégorie 2, quelle que soit leur apparence complexe.

Le versant IRM

Quand l'échographie ne permet pas de trancher — typiquement les catégories 3 et 4 — l'IRM prend le relais avec sa propre échelle, construite sur le même principe.3

O-RADS IRM — ordres de grandeur
ScoreRisque de malignitéCe que cela recouvre
1—Pas de lésion annexielle
2< 1 %Presque certainement bénin
3environ 5 %Risque faible
4environ 50 %Risque intermédiaire
5environ 90 %Risque élevé

L'intérêt de l'IRM est concret : elle fait souvent redescendre une lésion classée 4 en échographie vers une catégorie bénigne, en montrant qu'une composante prise pour solide est en réalité du sang, de la graisse ou du tissu fibreux. C'est un examen qui évite des interventions.

Points clés

O-RADS attribue à une image une probabilité, pas un nom de maladie. Les catégories 1 et 2 couvrent l'immense majorité des cas et ne demandent rien. La 3 demande un deuxième regard. Les 4 et 5 demandent un avis spécialisé — et même en catégorie 4, la majorité des lésions se révèlent bénignes.

Ce que le score ne dit pas

  • Ce n'est pas un diagnostic. Il ne nomme pas la lésion, il estime un risque. Deux lésions de nature totalement différente peuvent porter le même score.
  • Le pourcentage n'est pas le vôtre. Il décrit une population de femmes présentant ce type d'image, pas votre situation individuelle.
  • Le score dépend de la qualité de l'examen. Une échographie par voie endovaginale, faite par un opérateur entraîné, ne donne pas la même précision qu'une échographie abdominale de dépistage. C'est le sens même de la catégorie 0.
  • Il ne remplace pas le contexte. Âge, ménopause, antécédents familiaux, marqueurs sanguins : le gynécologue décide avec ces éléments, dont le radiologue ne dispose pas toujours.

Les quatre questions utiles à poser à votre médecin : quel score a été attribué et sur quels critères ; suis-je ménopausée ou non au sens du score ; une IRM est-elle utile avant toute décision ; et quel est le délai du prochain contrôle ?

Limites de cet article

  • Il ne pose aucun diagnostic et n'en remplace aucun.
  • Il présente les catégories dans leurs grandes lignes : les critères complets sont détaillés dans les documents de l'American College of Radiology, destinés aux médecins.
  • Les pourcentages cités sont ceux publiés pour chaque catégorie ; ils décrivent des groupes de patientes, jamais un cas particulier.
  • Il ne remplace ni la consultation gynécologique ni les délais qui vous ont été proposés.

Références

  1. Andreotti R.F. et al. — O-RADS US Risk Stratification and Management System, American College of Radiology. Lexique, catégories d'évaluation et recommandations de prise en charge.
  2. Strachowski L.M. et al. — O-RADS US v2022: An Update from the American College of Radiology's Ovarian-Adnexal Reporting and Data System US Committee. Radiology, 2023. Version en vigueur : définitions élargies des lésions bénignes classiques et affinement des catégories.
  3. O-RADS MRI Risk Stratification and Management System, American College of Radiology. Échelle IRM et correspondances avec les catégories échographiques.
  4. O-RADS — Radiopaedia. Synthèse des catégories, critères sémiologiques et exemples.

Dernière révision le 7 septembre 2026

Les catégories et les pourcentages présentés sont ceux des systèmes O-RADS publiés par l'American College of Radiology, destinés aux professionnels de santé. Cette page en donne une lecture simplifiée à l'intention des patientes ; elle ne reprend pas l'intégralité des critères, dont l'application relève du médecin qui réalise et interprète l'examen.